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L’intelligence artificielle au service de la longévité

mercredi 15 janvier @ 20 h 00 min - 23 h 00 min

L’intelligence artificielle n’est pas sans risques. Lorsqu’elle est au service de la longévité, elle permet des avancées potentielles de santé pour des milliards de personnes. L’intelligence artificielle pourrait accélérer la recherche de produits (biologiques ou non) et automatiser des expérimentations. Pour tout savoir sur ce sujet passionnant, venez nombreux à la soirée que nous organisons le mercredi 15 janvier 2020.

Eventbrite - L’intelligence artificielle au service de la longévité

 

Orateur : Didier Coeurnelle

Didier CoeurnelleDidier Coeurnelle milite pour la recherche en faveur d’une vie en bonne santé beaucoup plus longue. À ce titre, il est notamment coprésident de l’association Heales (Healthy Life Extension Society) et membre fondateur ainsi que membre du board de l’International Longevity Alliance. Il est également vice-président de l’Association Française Transhumaniste Technoprog et membre du Board de Humanity. Il publie la lettre d’information « La mort de la mort ». Il est intervenu lors de nombreuses conférences et dans les médias en français, anglais et néerlandais.

Il a publié deux livres « Et si on arrêtait de vieillir ! Réalité, enjeux et perspectives d’une vie en bonne santé beaucoup plus longue. » et « Le transhumanisme au service du progrès social. »

Didier Coeurnelle est juriste et travaille dans une administration belge, le SPF Sécurité Sociale. Il est un actif partisan de la démocratisation des institutions internationales. Depuis plus de 30 ans, il milite dans des mouvements écologistes et sociaux progressistes et contribue financièrement à la lutte contre la faim dans le monde.

Pour en savoir plus :

 

Présentation diffusée lors du Café Numérique

 

Interview de Didier Coeurnelle

En attendant de rencontrer Didier en personne lors du prochain Café Numérique, voici une brève interview qu’il nous a accordée !

Café Numérique : Bonjour Didier, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Didier Coeurnelle : Au départ, j’ai réalisé des études de juriste, ce qui ne m’amenait pas, à priori, à me passionner pour les questions liées à la santé. Je me suis toujours intéressé aux évolutions technologiques et à la réduction des inégalités. Il y a 20 ou 30 ans, j’ai commencé à verser une partie de mes revenus pour lutter contre la faim dans le monde. Et il y a une dizaine d’années, je me suis demandé si nous pouvions lutter contre les maladies facilement évitables c’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai découvert que des scientifiques pensaient qu’il serait un jour possible de mettre fin aux maladies liées au vieillissement ce qui m’a alors passionné et par extension à tout ce qu’on appelle le transhumanisme. J’ai ensuite créé une association qui s’appelle HEALES (healthy life extension society). Ensuite je me suis  associé à l’Association Française Transhumaniste Technoprog qui venait juste de voir le jour.

Je suis actuellement membre du board de Humanity+ (anciennement Word Transhumanisme Association).

 

Café N. : Dans quel délai peut-on s’attendre à voir les bénéfices de l’IA en termes de longévité ? Quels seront ces bénéfices à court terme et à plus long terme ?

Didier : Et bien il y a certaines choses auxquelles on ne s’attend pas. La durée de vie moyenne progresse de deux ou trois mois par an dans le monde par contre la durée de vie maximale que peut atteindre un être humain n’a presque pas changée depuis le début de la civilisation. A notre connaissance, la première personne à avoir dépassé l’âge de 100 ans, c’est au cours de l’Empire romain, Terentia, la femme de Cicéron.

Aujourd’hui la personne la plus âgée au monde à 117 ans, ce qui veut dire que pour augmenter la durée de vie maximale, il faudra un progrès de rupture probablement dans le domaine des thérapies géniques ou des nanotechnologies, ça pourrait être des produits, mais ce ne sera pas quelque chose de facile à trouver. C’est la raison pour laquelle l’IA est l’un des moyens de progresser que ce soit pour faire des équivalents d’expérimentation sur informatique, pour analyser de la littérature médicale de manière accélérée et systématique ou pour analyser des protéines et de l’ADN.

Combien de temps il faudra ?Je pense que ça dépend notamment de l’énergie qu’on y mettra et si ça devient une priorité ou non. L’humain est capable de progrès spectaculaires. J’ai deux exemples :  le premier homme sur la lune : il ne s’est écoulé que 12 ans entre le premier objet dans l’espace et le premier être humain sur la lune. L’autre exemple, c’est l’utilisation de l’arme nucléaire qui représente en quelques années un saut technologique malheureusement pas que positif.

En matière de longévité, on sait que la durée de vie maximale d’un être vivant est fixée de manière génétique. Même dans un paradis, un être humain ne vivrait pas plus de 120 ans environ alors que les tortues des Galápagos peuvent vivre deux siècles et les requins du Groenland pourraient vivre quatre ou cinq siècles.  L’examen des patrimoines génétiques pourrait déterminer ce que nous pourrions améliorer par une thérapie génique.

 

Café N. : Pourquoi est-ce à votre avis important de mettre la priorité sur la longévité et pas, par exemple, sur la lutte contre la faim dans le monde ?

Didier : Aujourd’hui, on n’a jamais vécu aussi longtemps et on n’a jamais eu aussi peu de gens qui souffrent de la faim dans le monde. On parle 800 000 000 de personnes qui n’ont pas assez à manger alors qu’on a chaque jour 110 000 personnes qui meurent de maladies liées au vieillissement.

Le droit à la vie est quelque chose de fondamental et il y a quelque chose à faire, environ 90 % des décès en Belgique sont dus à des maladies liées au vieillissement, même à l’échelle mondiale, on doit être à 70 %, toutes les causes de décès confondues représentent nettement moins, y compris dans les pays pauvres où les causes de décès liées au vieillissement sont proportionnellement moins importante..  Je pense qu’un monde dans lequel les gens peuvent vivre beaucoup plus longtemps en bonne santé est un monde où on est plus attentif à la vie humaine et c’est un monde qui est plus sûr.

 

Café N. : Si on meurt moins vite, n’y a-t-il pas un risque de surpopulation accrue ?

Didier : Je m’attendais à cette question. De manière anti-intuitive, mais c’est ce qui a été clairement établi, ce n’est pas dans les pays où on vit longtemps qu’il y a un problème de croissance non gérable de la population, c’est dans les pays dans lesquels les gens ont des vies courtes et la région du monde où les gens ont la vie la plus courte est l’Afrique subsaharienne. C’est donc là que la croissance de la population est la plus forte. Dans les pays où les gens vivent beaucoup plus longtemps (Japon Corée du Sud, et même l’Europe), il est plutôt question de diminution de la population.

Dans les pays où la durée de vie croît, le nombre d’enfants diminue de manière spectaculaire. Tellement spectaculaire que les gens ne s’en rendent pas compte. On imagine par exemple le Bangladesh, le Bangladesh étant probablement le pays de grande taille le plus pauvre du monde en dehors de l’Afrique subsaharienne, l’espérance de vie aujourd’hui est de près de 70 ans et le nombre d’enfants par femme n’est plus que de 2,5 environ alors qu’on imagine plutôt une espérance de vie de 40 ou 50 ans et des familles de 5 ou 6 enfants.

 

Café N. Merci Didier pour toutes ces explications, nous avons hâte de découvrir l’intégrale de votre présentation lors du prochain Café Numérique.

 

Programme

  • 19h00 : Ouverture, accueil et networking
  • 19h45 : Présentation du Café Numérique
  • 20h00 : Début des présentations
  • 21h30 : Questions / réponses et networking

 

Informations pratiques

Quand : mercredi 15/01/2020

Où : DigitYser
40, boulevard d’Anvers
1000 Bruxelles

Accessibilité : En métro lignes 2 et 6, station de Yser. Tram : ligne 51.

Détails

Date :
mercredi 15 janvier
Heure :
20 h 00 min - 23 h 00 min
Étiquettes Évènement :
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Lieu

DigitYser
40 boulevard d'Anvers
Bruxelles, 1000
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